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Comment finit-on une méditation ?

 

« Ce que nous appelons le début est souvent la fin. Et achever quelque chose, c'est commencer autre chose.

La fin, c'est là d'où nous débutons. »

Thomas Stearns Eliot

 

Cette fin d’année et même de décennie m’inspire quelques réflexions sur les fins, les transitions.

Les débuts, les fins, les transitions de méditation, notamment …

 

Quand nous nous commençons une méditation, nous avons en général pour habitude de nous arrêter, de nous asseoir, de petit à petit entrer dans notre posture de méditation, de la construire … l’immobilité ou la lenteur permettant l’immobilité progressive ou le ralentissement de notre activité mentale.

Puis nous tournons en général notre attention vers le souffle, ou les sons ou les sensations corporelles (ou tout en même temps).

Mais quand il s’agit de sortir de la méditation, d’y mettre fin, comment procédons-nous ?

Peut-on être attentif à ces quelques moments où notre méditation se termine et où nous retournons à nos activités ? Où nous sortons du mode « être » pour revenir au mode « faire » ?

 

Peut-être allons-nous remarquer que, dès que le gong ou les clochettes retentissent, nous bondissons de notre chaise, de notre coussin de méditation, pour reprendre ce que nous avons en cours.

Peut-être allons-nous nous apercevoir que notre méditation n’est qu’un moment inscrit dans notre agenda que l’on enchaine comme toutes nos activités de la journée.

 

Ma proposition est de nous rendre présent à ces moments de fin, de porter notre attention à la façon dont nous transitionnons d’une activité à une autre, de notre méditation à autre chose … et de voir si, de cette manière, nous pouvons emmener avec nous un petit peu de cette pleine conscience établie durant notre méditation dans le reste de notre journée.

 

Tout d’abord écouter les clochettes jusque la fin

 

Très souvent, à la fin des méditations guidées, un gong ou des clochettes raisonnent pour annoncer … la fin !

L’intention est alors d’écouter les sons émis par le tintement jusqu’au bout, jusqu’au moment où plus aucune vibration n’arrive à nos tympans. Nous restons dans la pleine écoute de ces sons.

 

Élargir notre conscience

 

L’écoute des sons des clochettes peut être un premier pas vers l’élargissement de notre conscience à tout ce qui nous entoure : l’air autour de nous, notre présence dans la pièce …

Et nous pouvons alors ouvrir les yeux en accueillant  tout ce qui se présente dans notre champ de vision, comme nous avons accueilli les sons : des formes, des couleurs, des espaces …

Nous accueillons ce qui apparait à nos yeux puis arrive à notre conscience.

 

Exprimer de la gratitude

 

Nous pouvons ensuite prendre quelques moments pour exprimer de la gratitude, de la reconnaissance, envers quelque chose en relation avec notre méditation : gratitude envers nous-même pour avoir pris ce temps pour méditer, reconnaissance pour ce rayon de soleil qui nous avons ressenti durant notre assise et qui a réchauffé une partie de notre corps, reconnaissance à cette douleur ou tension que nous avons détectée et qui nous rappelle que nous devons prendre soin de l’étirer ou autre chose …

 

Bouger en pleine conscience

 

Vient ensuite le moment de se remettre en mouvement.

La proposition est alors de garder notre pleine conscience aux mouvements que nous effectuons : nous relever de notre assise, sortir de notre posture pour se remettre en mouvement, tendre les bras pour rouvrir notre ordinateur, tendre la main pour ouvrir une porte …

En d’autres termes, ne pas retourner tout de suite dans la précipitation, dans la succession des tâches à effectuer.

S’accorder un temps de transition, comme nous prenons le temps de nous installer quand nous commençons notre pratique.

 

Rester encore un peu en silence …

 

En même temps que nous reprenons tranquillement le flot de nos activités (en pleine conscience !), nous pouvons rester quelques instants encore dans le silence qui a pu s’installer durant la méditation : silence de nos mots, bien entendu, mais également silence de notre esprit (tout relatif, bien sûr !) en ne reprenant pas tout de suite notre activité mentale, en ne nous remettant pas tout de suite en mode « pilotage automatique »

Rester dans la pleine conscience établie durant la méditation jusque dans la sortie progressive.

 

Reprendre nos activités

 

Enfin nous pouvons reprendre nos activités tout en ayant l’intention de revenir tout au long de notre journée à cette pleine conscience dans laquelle nous nous sommes installés un temps, de prendre le temps de ressentir régulièrement notre respiration, notre corps, de percevoir ce qui nous entoure … de revenir régulièrement à nous même, au moment présent.

 

Nous nous re-connectons ainsi à nos ressources, à notre créativité, à notre bienveillance

et peut être ainsi, petit à petit, contribuons à changer le monde !

 

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Commentaires: 1
  • #1

    Brice (mardi, 31 décembre 2019 16:22)

    Merci Marianne pour ces précieuses recommandations qui nous invitent à sortir progressivement de nos méditations pour prolonger les tout au long de nos journées ces temps que nous nous accordons et pleinement vivre les moments présents.