L'importance de la respiration en méditation

 

Se centrer sur la respiration est un élément que l’on retrouve dans presque toutes les pratiques d’apaisement du corps et de l’esprit.

Ainsi, le yoga emploie de techniques consistant à contrôler sa respiration ou à l’activer d’une certaine manière.

En sophrologie, on associe la respiration avec des pensées ou des visualisations apaisantes.

En méditation, on porte son attention sur sa respiration sans rien vouloir changer, en étant juste présent à la façon dont elle se déroule. C’est une des premières étapes de la méditation, de l’entrainement à la pleine conscience.

Voilà pourquoi :

La respiration est toujours disponible

La respiration est toujours disponible, toujours là, se déroulant naturellement dans notre corps, sans que nous ayons besoin de faire une quelconque action.

 La respiration est un donc moyen très accessible pour s’ancrer dans le moment présent, de revenir dans ce moment présent à chaque fois que notre mental nous a emmené dans l’avenir, le passé ou dans de quelconque construction mentale. La respiration est toujours présente, avec nous.

 

Elle nous permet en même temps de nous donner des indications sur notre état émotionnel. Ainsi, elle sera plus courte si nous sommes stressés, préoccupés, peut-être, elle sera plus ample si nous sommes calmes, reposés …

 La respiration peut ainsi nous être utile pour reconnaître nos émotions, notre état d’esprit du moment.

La respiration sert à sortir du bavardage mental

L’attention à la respiration permet de détourner celle-ci de nos bavardages mentaux et autres ruminations. En effet, l’attention à la respiration utilise l’espace du même réseau cérébral qui était occupé par les pensées de la rumination.

Donc, focaliser l’attention sur la respiration permet de reporter nos ressources cérébrales sur un autre objet que nos préoccupations ou nos pensées stressantes, et permet ainsi de pas les entretenir et de les mettre à distance.

La respiration sert d'entrainement à l'acceptation

L’attention au souffle durant la méditation de pleine conscience exige de s’entrainer à l’accepter telle qu’elle est, à ne pas chercher à la modifier.

Contrairement au yoga, à la sophrologie ou à d’autres techniques, la méditation de pleine conscience consiste à accepter les choses telles qu’elles sont, à accueillir nos expériences moment après moment.

 

Je fais ici une parenthèse sur cette notion d’acceptation : la pleine conscience ne consiste pas à devenir passif à nos vies, à accepter les événements sans y réagir. Non. Elle nous apprend à accepter les événements sur lequel on n’a pas prise pour pouvoir y répondre et non y réagir.

Pour débrancher nos automatismes, nos schémas de réactivité, il convient de s’entrainer à accueillir ce qui nous arrive, à en prendre conscience sans réagir immédiatement pour ouvrir alors un espace de choix, dans lequel on lâche prise de nos réactions automatiques pour pouvoir apporter une réponse adaptée.

Se défaire de ses automatismes demande de l’entrainement. Et c’est cet entrainement que nous faisons en méditation.

 

Donc, en focalisant notre attention sur la respiration telle qu’elle est, sans vouloir la modifier, sans vouloir effectuer une quelconque action sur cette respiration, cela nous entraine à lâcher prise de notre habitude à vouloir que les choses soient différentes, à vouloir atteindre un objectif, un résultat. Cela nous permet de cultiver notre capacité à rester assis, avec tout ce qui apparait, avec moins de jugement, de résistance, de réactivité.

La respiration est sans cesse changeante

La respiration est également un objet d’attention intéressant parce qu’elle est en changement permanent.

 

Outre le fait que cela requiert un effort pour y maintenir son attention, et donc un excellent exercice d’entrainement, cela permet aussi de se familiariser petit à petit avec la notion d’impermanence : tout change, tout passe … en nous et autour de nous, l’agréable comme le désagréable.

 

Cette respiration qui va et vient en permanence permet de travailler d’une autre façon notre capacité à lâcher prise : en prenant conscience qu’on lâche la respiration qui vient de se terminer, c’est du passé, et que l’on suit la respiration qui commence alors, sans chercher à s’inquiéter de celle qui suivra, c’est du futur.

Ainsi, chaque nouvelle respiration est une occasion de revenir au moment présent, de rafraichir notre intention en abandonnant les pensées qui peut être nous avaient emmené ailleurs.

La révélation de notre mode "pilotage automatique"

Enfin, la simplicité apparente de l’attention à la respiration nous met rapidement face à notre difficulté que nous avons à rester concentré pendant une période plus ou moins longue, ou courte, sans que notre mental reprenne le dessus et nous tire par la manche pour nous faire sortir de l’exercice. Cette prise de conscience nous permet alors de voir nos modes habituels de fonctionnement et de nous rendre compte à quel point, malgré nos bonnes intentions, notre mental peut nous emmener ailleurs que là où nous l’avions initialement voulu.

 

Nous devons cependant rester conscient du fait que chez certains l’attention à la respiration peut être source de malaises, d’angoisses. Si ces sensations sont trop fortes pour être supportables durant la méditation, l’invitation est alors de porter son attention soit sur des sensations corporelles telles que la sensation de pression entre les paumes de mains et les jambes si les mains sont posées sur les jambes, ou la sensation des mains croisées entre elles si c’est ainsi que l’on a placé ces jambes. Certains pourrons même préférer porter leur attention sur l’écoute des sons.

L’attention à la respiration est donc est source de défis mais également ou par conséquent source de nombreux apprentissages si nous nous laissons être curieux de ce va et vient de la respiration, toujours présent, toujours changeant …

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