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Les bienfaits du sport sur le mental

Nous avons tous entendu dire que l’exercice est bon pour la santé, qu’il protège contre la survenue des maladies cardiovasculaires, qu’il réduit le risque de diabète, qu’il renforce la musculature, qu’il augmente l’endurance, la souplesse … etc.

Pas étonnant dans ces conditions que nous soyons si nombreux à prendre de bonnes résolutions au nouvel an ou à d’autres moments de l’année en nous disant « demain, je m’y mets ! ».

Pas étonnant non plus, qu’il soit possible depuis mars 2017 de prescrire du sport sur ordonnance.

 

Mais au-delà de ces effets connus du grand public et relayés par les organismes publics (voir notamment les recommandations du ministère des sports) et les médias sur la santé, l’exercice procure d’autres effets/avantages au plan psychologique et cognitif.

L’activité sportive peut nous aider à trouver le bonheur, l’espoir, la connexion et le courage, tout comme la méditation.

 

Partout dans le monde, les personnes qui sont physiquement actives sont plus heureuses et plus satisfaites de leur vie. Elles ont un sens plus fort de l’engagement et ressentent plus de gratitude, d'amour et d'espoir. Elles se sentent plus connectés à elle-même mais également à leur communauté, ce qui les rends moins susceptibles de souffrir de solitude ou de déprimer.

Et ces avantages se manifestent tout au long de la vie, y compris chez les personnes qui ont de graves problèmes de santé mentale et physique.

 

Comment l’exercice peut-il induire un si grand nombre d'avantages psychologiques ? C’est parce qu’il a des effets puissants et profonds sur le cerveau. En voici cinq exemples … à garder en mémoire la prochaine fois que nous hésiterons « à nous y mettre » !

L'exercice physique incite à se re-connecter aux autres

Les scientifiques ont longtemps cru que ce sont les endorphines qui sont responsables de l’extase des coureurs, grâce à leurs propriétés analgésiques.

Mais une récente étude, parue dans Proceedings of the National Academy of Science (PNAS), a montré que ce phénomène est lié à une autre classe de produits chimiques produites par le corps : des endocannabinoïdes (les mêmes produits chimiques que le cannabis) — ce que les neuroscientifiques décrivent comme des produits chimiques "don’t worry, be happy".

La course agit comme le cannabis !

Les recherches montrent que les zones du cerveau qui régulent la réponse au stress, y compris l'amygdale et le cortex préfrontal, sont riches en récepteurs d’endocannabinoïdes. Lorsque les molécules endocannabinoïdes se fixent sur ces récepteurs, elles réduisent l'anxiété et induisent un état de contentement.

 

Ce mécanisme nous incite alors à nous connecter avec les autres, à renforcer nos relations en partageant le plaisir que nous retirons de l’exercice.

 

D’ailleurs, beaucoup de personnes utilisent l'exercice comme une occasion de se connecter avec des amis ou des êtres chers.

Dans les couples, lorsque les conjoints font de l'exercice ensemble, ils sont tendance à se sentir plus proches, aimés et soutenus.

Une autre étude a montré que les jours où les gens font de l'exercice, ils font état d’interactions plus positives avec leurs amis et leur famille. Comme l'a dit un coureur, "les membres de ma famille sont ravis de me voir partir courir, car ils savent que je reviendrai d’humeur positive !".

L'exercice rend plus sensible à la joie

Lorsque nous faisons de l’exercice, nous stimulons le système de récompense du cerveau. Ce système nous aide à anticiper le plaisir, à nous sentir motivé et à garder espoir.

Au fil du temps, l'exercice régulier remodèle le système de récompense en créant des niveaux de circulation plus élevés de dopamine et en augmentant la disponibilité des récepteurs de dopamine.

De cette façon, l'exercice peut à la fois soulager la dépression et accroître notre capacité à la joie.

 

Ces changements peuvent aussi réparer les dégâts neurologiques causés par la toxicomanie. En effet, l'abus de substances réduit le niveau de dopamine dans le cerveau et réduit la disponibilité des récepteurs de dopamine dans le système de rrécompense. En conséquence, les personnes qui luttent contre l'addiction peuvent se sentir démotivées, déprimées, antisociales et incapables de jouir de plaisirs ordinaires. L'exercice peut inverser cette tendance.

Dans une étude randomisée, des adultes qui suivaient un traitement pour abus de méthamphétamine ont participé à un programme d’exercices physiques comportant chaque semaine une heure de marche et de jogging et trois séances de musculation.

Après huit semaines, leur cerveau a montré une augmentation de la disponibilité des récepteurs de dopamine dans le système de récompense.

 

L’activation du circuit de récompense du cerveau ne profite pas seulement à ceux qui luttent contre la dépression ou la dépendance. Nos cerveaux changent avec l'âge et les adultes perdraient jusqu'à 13% des récepteurs de dopamine dans le système de récompense à chaque décennie passée. En effet, des travaux conduits dans ce domaine mettent en évidence une diminution avec l’âge de la production et/ou de la captation de nombreux neurotransmetteurs, dont la dopamine.

Cette perte conduit à moins de plaisir quotidien, mais l'activité physique peut empêcher ce déclin.

Par rapport à leurs pairs inactifs, les adultes plus âgés qui sont physiquement actifs ont des systèmes de récompense qui ressemblent plus à ceux des personnes plus jeunes de plusieurs dizaines d’années.

L'exercice rend courageux et résilient

Le courage est un autre effet secondaire de l'activité physique sur le cerveau.

 Tout comme toute nouvelle activité sportive améliore le système de récompense, elle augmente aussi les connexions neuronales entre les zones du cerveau qui calment l'anxiété. L'activité physique régulière peut modifier l'état du système nerveux de façon à ce qu'il devienne plus équilibré et moins enclin à s’angoisser ou à s'effrayer.

 

Parfois, le mouvement lui-même nous permet de nous sentir courageux. Quand nous faisons de la musculation ou nous courons nous pouvons à certains moments ressentir un sentiment de puissance, d’invincibilité !

D’ailleurs, le langage que nous utilisons pour décrire le courage repose souvent sur des métaphores du corps : nous surmontons les obstacles, nous franchissons les barrières, nous portons des fardeaux, nous nous relevons après une chute …

Ainsi nous parlons de bravoure et de résilience.

 

Les valeurs du sport sont d'ailleurs souvent transposées au monde du travail. De plus en plus d’entreprises considèrent que le sport, en tant qu’outil, est non seulement un facteur de bonne santé physique mais également un vecteur de formation de la personnalité : il renforce ou développe des qualités de combativité, de volonté, de courage …

 

Lorsque nous sommes confrontés à l'adversité ou que nous doutons de notre propre force, l’activité physique peut aider à ressentir ces qualités dans notre corps. L'esprit peut instinctivement trouver un sens à ce qui nous arrive à partir d'actions physiques.

Parfois, nous avons besoin de gravir une vraie montagne, de nous lever et de bouger de lourdes charges pour savoir que ces qualités de force et de courage font partie de nous, que nous pouvons soulever des montagnes !

La pratique collective développe la confiance et le sentiment d'appartenance

En 1912, le sociologue français, Émile Durkheim (considéré comme l'un des fondateurs de la sociologie moderne) a inventé l'expression « effervescence collective » pour décrire l'euphorie que ressentent les individus lorsqu'ils sont ensemble.

Selon Durkheim, les forces sociales présentent au sein d’une communauté se concrétisent dans des moments de ce qu'il nomme « effervescence collective » quand tous les individus d'un groupe sont rassemblés pour communiquer « dans une même pensée et dans une même action ».

 

Ainsi, les psychologues pensent que la clé pour produire une joie collective est la synchronisation, le déplacement de la même manière et en même temps que les autres, parce qu'elle déclenche une libération d'endorphines.

Les endorphines ne nous font pas seulement nous sentir bien ; elles nous aident aussi à nous lier. Les endorphines favorisent le lien social chez les humains et d’autres animaux.

 

Le sport exercé collectivement pourrait donc être un puissant mécanisme neurobiologique pour former des amitiés, même avec des gens que nous ne connaissons pas.

L'ajout de musique et d’un rythme augmentent ces effets.

C'est pourquoi les danseurs et les rameurs qui font des mouvements synchronisés font preuve de plus de tolérance à la douleur et respirer ensemble lors d’un cours de yoga peut amplifier le sentiment de joie collective.

Faire du sport transforme l'image de soi

Chaque fois que nous bougeons ou déplaçons notre corps, des récepteurs sensoriels dans nos muscles, nos tendons et nos articulations envoient des informations à notre cerveau sur ce qui se passe. C'est la raison pour laquelle nous pouvons sentir le déplacement de nos membres et savoir où se trouve notre bras dans l'espace lorsque nous le levons même lorsque nous fermons les yeux. Vous n’avez pas besoin de regarder ce qui se passe ; nous pouvons ressentir.

Cette capacité à percevoir les mouvements de notre corps est appelée proprioception. Elle est parfois appelée le "sixième sens". Elle nous aide à parcourir l’espace avec facilité et aisance et joue un rôle étonnamment important dans la conception de soi : comment nous pensons être et comment nous pensons que les autres nous perçoivent.

 

Lorsque nous pratiquons une activité physique, percevons et interprétons les qualités de nos mouvements.

Ainsi, si nous bougeons avec aisance et légèreté, notre cerveau perçoit l’élongation de nos membres et la fluidité de nos mouvements et se rend dit "je suis gracieux."

Si vous bougeons avec force, notre cerveau perçoit la contraction explosive des muscles, sent la vitesse de l’action et interprète "Je suis puissant."

Par conséquent, nos réalisations physiques et sportives changent la façon dont nous nous percevons et, par là, ce dont nous sommes capables.

 

De toute évidence, nous sommes nés pour bouger et les effets de l'exercice sur notre bien-être psychologique et social sont nombreux. Alors, pourquoi ne pas commencer la nouvelle année juste et ajouter plus de d’exercice physique à notre vie ?

 

Tout comme avec la méditation, nous nous re-connectons ainsi à nos ressources,

et peut-être ainsi, petit à petit, contribuons à nous sentir mieux …

et à changer le monde !