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La méditation sur les sons

 

La méditation de pleine conscience étant un entrainement de l’attention à ce qui se passe dans le moment présent, on peut s’entrainer durant nos périodes de méditation, à porter notre attention aux sons, à devenir pleinement conscient de l’univers sonore dans lequel nous nous trouvons.

 

L’intérêt de porter notre attention aux sons durant nos méditations est multiple.

Les sons sont des éléments "extérieurs"

La plupart du temps, les sons que nous percevons viennent de l’extérieur (sauf pour les bruits de notre propre respiration …): de la pièce où nous nous trouvons ou de l’autre côté de la porte ou de la rue. Cela nous donne l’occasion de porter notre attention à ce qui se déroule autour de nous plutôt qu’à notre vie intérieure (comme lorsqu’on porte attention à notre souffle ou à nos sensations corporelles), qui peut sembler « encombrante » pour certains d’entre nous ou à certains moments de notre vie.

Notre univers sonore est en perpétuel changement

L’écoute des sons nous donnent une parfaite illustration du changement permanent dans lequel nous sommes. Rien n'est permanent, sauf le changement !

 

En effet, lorsque nous portons notre attention aux sons, nous pouvons devenir de plus en plus conscients de tous les changements de notre univers sonore : depuis l’apparition des sons, en passant par les modulations des tonalités, jusqu'aux silences entre les sons ...

Et cela nous rappelle que les seuls sont auxquels nous pouvons être attentifs, sont les sons qui sont perçus dans le moment présent : nous ne pouvons entendre que ceux qui arrivent à nos oreilles là, maintenant.

Tout le reste n'est que production mentale !

L'écoute des sons révèle facilement notre activité mentale

Lorsque nous méditons en nous mettant à l’écoute des sons, l’intention est de rester au plus proche de la perception des sons et de ne pas tomber dans leur interprétation, leur jugement, leur association à un évènement ou à un autre …

L’intention est de « recevoir » les sons pour ce qu’ils sont : des vibrations sonores que perçoivent nos tympans.

 

Mais très rapidement, l'entrainement va nous révéler notre activité mentale, lorsque, avec la perception d’un son, toute une activité mentale se trouve déclenchée.

Par exemple, nous percevons un bruit:

- que nous qualifions « d’aboiement d’un chien » (1ere activité mentale)

- que nous allons ensuite nous représenter mentalement : image d’un petit chien ou d’un gros chien (2ème production mentale)

- que nous allons juger : j’aime/j’aime pas (3ème production mentale)

- si "j’aime", le mental peut alors nous emmener dans des souvenirs d’un chien qu’on a eu quand on était enfant …

- si "j’aime pas", une émotion relevant de l’agacement peut arriver, puis une voix interne qui dit « il ne pourrait pas se taire, ce chien ? » etc, etc …

et nous voilà parti.e dans des jugements, des images, des souvenirs, des émotions … jusqu’à ce que nous en rendions compte (avec un dernier jugement "pour la route", peut être du style « j’arrive pas à méditer, il y a trop de bruits ! ») et  revenions à un état mental moins agité, ouvert à la réception de toute activité sonore … jusqu’au prochain vagabondage.

 

C’est le cœur de l’entrainement à la pleine conscience : (1) s’apercevoir que notre pilote automatique nous a embarqué, (2) reprendre le volant et (3) revenir à ce qui se déroule dans le moment présent.

Et plus on fait ces allers et retours, plus nous renforçons notre capacité à être pleinement présent.

Alors plutôt que de considérer le vagabondage de l’esprit comme un échec, considérons le comme un entrainement supplémentaire !

L'écoute des sons entraine notre capacité à l'acceptation

A la perception d’un son, que l’on va juger « désagréable » (jugement personnel … car certains d’entre nous peuvent aimer le son de la pluie, d’autres le détester !), notre réaction automatique peut être de s’agacer, de ne plus vouloir l’entendre, de nous énerver … Or, comme certains événements sur lesquels nous n’avons aucune maîtrise, ces réactions ne sont parfois d’aucune utilité puisque les sons sont déjà là et déjà parvenus à nos oreilles. Apprendre à les accueillir sans réactivité est un entrainement fondamental de la pleine conscience.

 

La pleine conscience des sons, nous entraine, plus généralement, à accepter les événements sur lequel nous n'avons pas prise pour pouvoir y répondre et non y réagir. Elle consiste à accueillir dans un premier temps ce qui se présente à nous, ce qui est déjà là (plutôt que de fuir, d'ignorer ou de nous laisser envahir) et à ouvrir un espace de choix, dans lequel on lâche prise de nos réactions automatiques pour pouvoir alors apporter une réponse adaptée.