· 

Et si l'équilibre n'était pas fait pour durer ?

L'équilibre : un état toujours transitoire

 

Il n'y a que deux jours par an où le jour et la nuit se partagent le ciel à parts presque égales.

Deux jours sur 365.

Le reste du temps, la nature vit "en déséquilibre".

 

Et pourtant, tout pousse, migre, se repose, refleurit. Les tulipes ont besoin du froid pour éclore. Les oiseaux migrateurs naviguent grâce à la longueur de la nuit. Les rivières s'alimentent de la neige accumulée en hiver.

 

Ce que nous appelons déséquilibre, la nature l'appelle rythme.

 

Le mythe de l'équilibre parfait

Combien de fois vous êtes-vous dit : "quand j'aurai trouvé le bon équilibre, tout ira mieux" ?

Le juste milieu entre la vie professionnelle et personnelle, entre le temps pour soi et les obligations, entre l'effort et le repos.

Nous le cherchons comme un état à atteindre, à maintenir, à ne plus jamais perdre.

Et lorsque nous y sommes, en général très brièvement, nous nous crispons pour y rester. Lorsqu'il s'échappe, nous nous demandons ce que nous avons fait de travers.

 

Mais et si le problème n'était pas notre incapacité à maintenir l'équilibre ? Et si le problème était l'idée elle-même ?

 

L'équilibre est un seuil, pas un état

En pleine conscience, nous observons quelque chose de semblable dans la pratique.

Il y a des semaines où la méditation se fait naturellement, où l'attention est posé, le sommeil profond, les réactions moins vives.

Puis la vie continue : une semaine chargée, une nuit difficile, une conversation qui laisse une empreinte, et la stabilité se disperse.

La question qui surgit alors est souvent : "pourquoi ça ne dure pas ?"

 

Cette question contient une hypothèse cachée : que la stabilité devrait être permanente. Que l'atteindre une fois suffit et qu'elle devrait ensuite perdurer.

Ce que nous oublie cette hypothèse, c'est que l'équibre n'est pas un état. C'est un seuil, un point de bascule entre deux phases nécessaires. Il passe, et la vie continue de se déployer de part et d'autre.

 

Revenir, encore et encore

Ce que la pleine conscience nous entraîne à faire, ce n'est pas à rester équilibré·e.

C'est à revenir, à reprendre notre chemin.

 

En méditation, lorsque l'esprit vagabonde, on le remarque, on revient.

Ce moment où l'on remarque et on revient n'est pas une correction d'une erreur. C'est le coeur de la pratique. Comme le marin qui ne cherche pas une mer sans vagues, mais qui apprend à sentir le vent et à ajuster sa route selon ce que le courant lui apporte.

 

Ce qui change avec le temps, ce n'est pas que l'esprit vagabonde moins. C'est qu'on s'y perd moins souvent, moins longtemps. On revient plus doucement.

Le retour cesse de ressembler à un échec, et commence à ressembler à ce pour quoi on est là.

 

La question qui change tout

Et si, plutôt que de vous demander "suis-je en équilibre ?", vous vous posiez cette question :"où en suis-je en ce moment ? De quoi ai-je besoin pour continuer ?"

 

Une période de difficultés appelle du soutien et de la structure. Une période de vide appelle  de la patience et de la curiosité. Une période de renouveau appelle de l'ouverture, de la confiance.

 

 

Ce qui devient possible lorsqu'on lâche l'idée d'un équilibre à tenir, c'est d'apprendre à habiter ce qui est là, avec un peu plus de douceur et beaucoup moins de résistance.

 

Une invitation

La prochaine fois que vous sentez que quelque chose s'est "déréglé" (dans votre pratique ou dans votre vie), essayez ceci :

posez-vous, respirez et demandez-vous, sans jugement : "Je me suis éloigné·e. Qu'est-ce qui me permet de revenir ?"

 

Pas parce que vous avez échoué.

Mais parce que revenir, retrouver un axe, est exactement ce que vous devez faire.

 

 

Si cet article vous a (re)convaincu.e de l'utilité de la pleine conscience et vous (re)donne envie d'essayer /de vous y mettre,

participez à une des "méditations matinales" que j'anime deux fois par semaines en ligne

ou assistez à une séance découverte de la pleine conscience et du programme MBSR  que j'organise régulièrement et gratuitement (également en ligne).

 

Écrire commentaire

Commentaires: 0