Les effets indésirables de la méditation et comment les éviter

Les cas où la méditation n'est pas recommandée

 

Ça ne vous aura pas échappé : la médiation est à la mode et on parle beaucoup de ses bienfaits à tous les niveaux : pour le calme mental, pour la concentration, pour la gestion des émotions, des douleurs ... 

Dans cet engouement, certains médias, sites internet ou coaches peuvent affirmer que la méditation est bonne pour tout le monde, qu’il n’y a aucune contre-indication. De même que certaines vidéos, certaines applications de méditation de pleine conscience promettent le bien-être, le calme, la réduction du stress pour peu qu’on s’abonne à leurs services.

 

Ils n'ont pas la connaissance suffisante et omettent de préciser que dans certains cas ou avec certaines pratiques il peut y avoir des effets indésirables, voire négatifs.

Ils ne prennent aucune précaution laissant alors parfois certain.e.s pratiquant.e.s déboussolé.e.s voire angoissé.e.s ou pire dissocié.e.s (voire témoignage en commentaire).

 

Alors, dans tous les cas, il est préférable de pratiquer la méditation avec un instruct.eur.rice formé.e et expérimenté.e capable de guider les personne à la découverte des bienfaits de la méditation tout en respectant leurs zones de fragilité, petites ou grandes, en restant à leur écoute et en proposant des ajustements de pratique pour trouver le bon équilibre entre détente et présence à soi.

 

Je vous explique tout ça ci-après.

 

Pourquoi la méditation de pleine conscience peut avoir des effets négatifs ?

La pratique de la méditation consiste, peu ou prou, à s’arrêter ou ralentir et à porter son attention à sa  “vie intérieure” : ses sensations, ses pensées, ses émotions ...

Faire ce mouvement d'introspection peut s’avérer déstabilisant à certains moments et pour certaines personnes.

En effet, en prenant conscience de ce qui se passe en soi, en se tournant délibérément vers cette vie intérieure, certaines personnes peuvent trouver des pensées débordantes, des émotions envahissantes ou des sensations insupportables qui les submergent.

Parce que dans certains cas, du fait d'expériences du vie difficiles (traumatismes, chocs émotionnels, stress aigu), ces personnes se sont tournées vers l'action, vers une activité/un mode de vie impliquant que leur attention soit occupée "en dehors d'elles", pour aller de l'avant. S'arrêter et revenir en soi, peut alors être l'occasion de voir ressurgir des sensations ou des émotions ignorées ou évitées, consciemment ou inconsciemment.

 

Je ne pense pas que ce soit la méditation en tant que telle qui provoque ces effets négatifs mais plutôt l’état psychique ou psychologique sous-jacent et toujours fragilisé, qu’elle peut contacter quand on la pratique.

 

Nous pouvons, pour des raisons tout à fait valables, avoir ignoré des fragilités, des blessures que la vie nous a infligées et ce sont ces fragilités ou blessures qui peuvent revenir en boomerang lorsqu’on se met à méditer sans un accompagnement professionnel sérieux, provoquant anxiété, panique voire dissociation … ces effets pouvant se prolonger même après la séance de méditation.

 

Je me souviens de ma première retraite de méditation en silence durant laquelle, au bout de plusieurs jours, je ressentais des bouffées d’angoisse très soudaines qui me submergeaient. Heureusement, j’étais pratiquante de longue date et disposais d’outils pour ne pas me laisser “emporter”, pour prendre suffisamment de recul et soin de moi.

 

Dans quels cas la méditation est-elle contre indiquée ?

En règle générale, la méditation est déconseillée aux personnes en phase aiguë :

  • de dépression,
  • de burnout
  • ou de stress post-traumatique,

tant que cette phase n’est pas prise en charge et stabilisé par un professionnel de santé.

 

Et sinon ou après, que faire ?

Une fois cette phase stabilisée, apaisée, la méditation est tout à fait indiquée et constitue une pratique tout à fait légitime pour celui ou celle qui souhaite se relever d'un burnout, réduire un syndrome de stress post traumatique ou éviter de rechuter dans la dépression. Ainsi, des études montrent que les programmes fondées sur la méditation de pleine conscience sont une alternative aussi efficace que les traitements standards avec antidépresseurs contre les rechutes dépressives (notamment étude publiée dans la revue médicale anglais The Lancet).

 

Alors pour toutes celles et ceux qui souhaitent se mettre à la méditation et ont connu/connaissent des épisodes de vie qui les rendent vulnérables, je vous conseille fortement de vous faire accompagner par un.e instruct.eur.rice professionnel.le, sensibilisé.e aux contre-indications de la méditation et formé.e pour adapter les pratiques en fonctions des sensibilités de chacun.e.

 

C'est ce que proposent les formations d'intégration du trauma et du stress aigu pour les professionnel.le.s de l'accompagnement.

A ma connaissance, ces formations n'existent pas en France et sont principalement délivrées en Amérique de Nord.

Je me suis ainsi formée en 2020 et 2021 auprès de David Treleaven, pour devenir "certified trauma sensitive mindfulness practitionner" (comme indiqué sur la page d'accueil de mon site internet) et à ce jour (juillet 2022) continue avec lui une formation d'appronfondissement sur le sujet.

Pour en savoir plus, je vous renvoie à un autre post que j'ai écrit spécifiquement sur le sujet : C'est quoi "une pratique de méditation sensible au trauma" ?

 

Alors si vous avez vous déjà fait une expérience négative alors que vous pratiquiez la méditation, n'hésitez pas à témoigner et/ou à me contacter pour voir si nous pourrions échanger ou avancer ensemble !

 

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Commentaires: 1
  • #1

    mylid (jeudi, 21 juillet 2022 11:25)

    Lors d'une méditation guidée en groupe, j'ai été invitée à traverser mon empathie, le chagrin et la solitude, thèmes assez difficiles, cela a été plusieurs méditations sur 1 journée, cela a été trop intense et je suis partie dans des hypersensorialités qui ont amené de l'angoisse, des vertiges, des sifflements d'oreille et enfin la sensation que ma tête se détachait de mon corps, j'ai eu très peur et j'ai paniqué, je me suis alors reconcentrée à ce moment là, sur le réel puis ma respiration mais j'ai eu envie de fuir l'endroit ou nous étions tous ensemble et me mettre hors de tout cela...cela m'est resté encore plusieurs jours cette sensation de ne plus habiter mon corps...
    Est ce une expérience douloureuse ou libératrice ? en tout cas fort questionnante !!!