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Mon parcours de méditante

 

Quel est mon parcours de méditation ?

J’ai déjà eu l’occasion d’expliquer mon parcours professionnel et ma transition professionnelle auparavant (posts, videos, conférences) mais je n’ai encore jamais expliqué vraiment comment j’ai commencé (et continuer !) à méditer et comment cela m’a transformée. Ce sont pourtant souvent des questions que l’on me pose. Alors il était temps que je commence à mettre tout ça par écrit.

Pas de voyage exotique

Tout d’abord, je tiens tout de suite à dire que je ne suis partie nulle part d’exotique pour découvrir la méditation ou que je ne l’ai pas découverte lors d’un voyage initiatique comme souvent l’ont fait certains instructeurs (plus ou moins) médiatiques !

Je n’ai pas eu cette chance, je n’ai pas eu cette volonté non plus.

 

En effet, je défends ardemment le fait que la méditation peut s’apprendre et bien s’apprendre en France, dans sa ville, sans devoir prendre l’avion pour aller à des milliers de kilomètres de chez soi : tout le monde n’a pas les moyens de le faire (sans parler du bilan carbone de tels voyages !).

 

Défendre et offrir cette vision me semble essentielle car je suis convaincue que la méditation doit être accessible à tous, quelle que soit ses moyens, ses possibilités, sa condition sociale. Alors je suis contre cette image parfois donnée par certains qu’on ne peut apprendre à méditer qu’en allant en Inde, à Bali, en Birmanie ou au Tibet.

La méditation de pleine conscience a suffisamment été laïcisée, occidentalisée, et a fait l’objet de suffisamment d’ouvrages et d’études disponibles en anglais et en français pour en comprendre les mécanismes et les bienfaits et être accessibles à tous, quel que soit sa situation. Il existe également maintenant partout en France des centres de formations, des instructeurs ... tout à fait compétents pour guider ceux qui le souhaitent à découvrir la méditation et à approfondir leur pratique. Pas forcément besoin de guru, de lama ...

 

Quant à la pratique, elle se fait n’importe où. Pas besoin de s’asseoir en haut de montagnes, sur des plages de sables blancs … pour en tirer les bénéfices. Une chaise du bureau ou de cuisine suffit.

Après tout, comme le disait Christian Bobin « le bout du monde et le fond du jardin contiennent la même quantité de merveilles ». C’est d’ailleurs ce que l’on réalise quand on pratique régulièrement la pleine conscience !

Les pistes de la pleine conscience et du cycle MBSR

Cette mise au point faite, voici concrètement le trajet que j’ai suivi.

 

J’ai été amené à consulter, à une période de ma vie remplie de stress (et de drames) une sophrologue (entre autres !), qui, parmi les techniques qu’elle utilisait, m’a fait découvrir la méditation ou du moins la concentration sur la respiration, les parties du corps … pour mettre de côté ces idées sombres qui envahissaient ma vie.

J’ai rapidement pris gout à ces exercices de recentrage et ai (tout aussi rapidement) souhaité développer cette pratique et particulièrement celle-là. En recherchant sur internet des formations à la méditation je restais cependant perplexe quant à la qualité, le sérieux, la laïcité des formations proposées. Je continuais donc à pratiquer à partir des quelques bases apprises en sophrologie.

 

Une année plus tard, deux nouveaux événements allaient me faire me diriger vers la méthode MBSR :

  • Un échange avec une amie à qui j’exposais mes questionnements sur les types de formations pour apprendre à méditer. Alors que je lui disais que j’étais perplexe sur les propositions que je trouvais sur internet et que leur caractère ésotérique ne me rassurait pas, elle me fit part de sa participation à un cycle MBSR, de ses effets bénéfiques et du caractère sérieux du programme
  • Les résultats du test de QI que je venais passer. Alors que j’étais quelque peu désemparée par les résultats (et maintenant que je découvre ma douance, qu’est ce que j’en fait ?) et que du coup, je lisais beaucoup d’ouvrage et d’articles sur les adultes surdoués, HP, HPI, zèbres … je suis tombée sur un article de Jeanne Siaud Facchin (spécialiste des zèbres) qui traitait des bienfaits de la méditation de pleine conscience et des cycles MBSR pour les surdoués.

Cette concomitance d’information sur la méthode MBSR m’a immédiatement convaincue de me mettre à la recherche d’un cycle près de chez moi.

J’ai suivi le programme, j’ai en même temps lu le livre de Jon Kabat Zinn « Full catastrophe living » et ai tout de suite accroché à la méditation. C’était ce qu’il me fallait.

Et la méditation ne m’a alors plus quittée. Je pratique tous les jours depuis.

Les changements opérés par la méditation

Outre une réduction du stress, une diminution de l’anxiété, une absence de rechute dépressive, la méditation a progressivement opéré d’autres changements.

 

Elle m’a permis de ne plus souffrir de ce flot incessant de pensées qui se déverse telle une cataracte dès que j’ouvre un œil (même la nuit !). Avant de pratiquer la méditation, j’étais très incommodée par ce brouhaha mental constant comme un poste de radio dont on changerait sans arrêt la fréquence. J’avais l’impression de vivre plusieurs jours de pensées en une seule. Je cherchais désespérément un moyen d’arrêter ce flot (un bouton « off » ?). Depuis que je médite, le flot de pensées incessant est toujours là mais il ne m’emporte plus ; je reste à distance ; je ne suis plus submergée. Alors forcément, une partie de la souffrance liée à cette activité mentale constante a disparu.

 

La pleine conscience m’a également amenée à développer de la bienveillance envers les autres. En devenant bienveillante avec moi-même, en acceptant ma part d’humanité de par la pratique régulière de la pleine conscience, j’ai peu à peu accepté celle des autres.

Si c’est compliqué « dans ma tête », ça doit également l’être dans la tête des autres. Peut-être d’une autre façon, pour d’autres raisons … mais les difficultés sont là : chez moi et les autres.

Alors je suis devenue plus patiente, plus bienveillante. C’est dans cette continuité que j’ai récemment suivi une formation à la compassion …

 

J’ai continué mon chemin de la bienveillance envers les humains pour aller vers celle envers les animaux. Après tout, ce sont des êtres vivants. Pourquoi dans ces conditions accepter qu’ils soient tués pour s’en nourrir alors que nous n’en n’avons pas besoin (dans nos conditions actuelles de la vie occidentale j’entends) ? Surtout lorsque l’on sait comment ils sont élevés puis abattus.

La bienveillance m’amène à la non-violence, de manière générale.

C’est ainsi que je suis devenue végétarienne.

 

Amener de la pleine conscience dans mon alimentation m’a également amenée à prendre conscience de la qualité de ce que j’ingurgitais, de la façon dont les aliments sont produits (par qui, comment, dans quelles conditions ?) pour petit à petit acheter bio, local et de saison … pour finalement bannir toute alimentation contenant du sucre ajouté, élément hautement addictif utilisé par l’industrie alimentaire pour nous faire manger toujours plus. Ce qui rejoint mon cheminement vers un certain retrait de la société de consommation dont je parle ci-dessous.

 

La pleine conscience m’a également permis de trouver une joie authentique dans le moment présent, dans la reconnexion à soi et aux autres et m’a donc détournée petit de l’injonction à la possession et au « toujours plus » de la société de consommation.

Je trouve du plaisir avec ce que j’ai déjà, avec ce qui va bien, avec la nature, avec les petites propositions de bonheur qui émaillent chaque jour : le ciel bleu, un chant d’oiseau, deux amis qui ont plaisir à se retrouver dans la rue, un mot gentil échangé avec un commerçant …

Le bonheur n’est pas dans la possession, dans la comparaison. Je suis d’ailleurs sur la voie du minimalisme, mais ça, ce sera un autre post de blog !

 

De tous ces cheminements, arrivent la réalisation que tout est lié, que nous faisons partie du monde et que nous devons le respecter. D’où un engagement écologique : moins d’emballages, plus de transports en commun et de marche à pied, peu d’achats vestimentaire, pas d’achat d’objets inutiles ou de renouvellements pour les dernières nouveautés …

 

Alors qu’on ne me dise pas que la méditation est une pratique égoïste, nombriliste !

La façon dont je vie la pleine conscience est au contraire une pratique écologique (écologie de mes pensées, de mes actions), engagée et citoyenne !

 

C’est la raison pour laquelle quasiment tous mes posts de blog finissent ainsi :

« En méditant, nous nous re-connectons ainsi à nos ressources

et peut être ainsi, petit à petit, contribuons à changer le monde ! »

CQFD !