De l'intérêt de la pleine conscience dans nos relations aux autres (ou comment amener de la pleine conscience dans nos conversations)

 

La pleine conscience n’est pas seulement un état que l’on cherche à atteindre assis.e seul.e sur son coussin ou sur sa chaise. 

C’est un état attentionnel que nous entraînons (en pratiquant notamment la méditation) pour être plus présent.e à nous-même au quotidien - lorsque nous pris.e dans le flot de notre activité - mais également lorsque nous sommes en relation avec d’autres personnes. Nous devenons alors aussi plus présent.e à l’autre, aux autres.

 

Lorsque nous devenons présent.e.s à ce qui se passe lorsque nous sommes engagé.e.s dans une conversation, lorsque nous parlons et lorsque nous écoutons, nous pouvons devenir conscient.e.s de toutes les pensées, émotions, tendances aux réactions qui peuvent émerger … charge alors à nous de les suivre … ou pas !

Nous pouvons alors décider d’écouter vraiment et de parler utilement, ce qui change forcément la façon dont nous entrons en relation avec les autres.

 

Parler en pleine conscience

Très souvent, lorsque nous parlons, nous pouvons être entraîné.e.s par certains automatismes qui font que l’on se retrouve :

  • à argumenter plus que de besoin,
  • à se répéter,
  • à se perdre dans des détails,
  • voire à s’écouter parler !

Il se peut même que nous interrompions notre interlocut.eur.rice avant même qu’il.elle ne finisse sa phrase/son argumentation/son histoire, entraîné.e.s par une idée ou une émotion qui nous pousse à prendre la parole.

 

Amener de la pleine conscience quand on parle, signifie être présent.e à soi-même et au message qu’on l'intention de faire passer.

Parler en pleine conscience, c’est parler :

  • lorsque c'est notre tour,
  • de manière juste et suffisante pour être écouté.e ou entendu.e
  • en prenant conscience et en résistant à tout le reste : jugements inutiles, bavardages futiles ou paroles déplaisantes. 

Et quand on se sent embarqué.e par une émotion, un verbiage, on fait une pause, on se recentre … avant de continuer.

Ça peut être l’occasion de s’apercevoir que bien souvent on cherche à éviter les blancs dans les conversations en comblant par des paroles inutiles (?) !

 

Ecouter en pleine conscience

Très souvent, lorsqu’une personne nous parle nous pouvons avoir tendance à ne pas être totalement à l’écoute :

  • soit parce que nous préparons notre réponse,
  • soit parce que l’histoire que nous entendons nous fait penser à autre chose,
  • ou bien encore parce que nous nous impatientons en ayant l’impression d’avoir déjà compris …

Amener de la pleine conscience quand on écoute signifie amener toute son attention à ce que son ou ses interlocuteur.rice.s  sont entrain de partager en n’ayant pas d’autre intention sur le moment : ni d'argumenter, ni de répondre, ni d'affirmer.

 

Cela implique de :

  • laisser son interlocut.eur.rice terminer ce qu'il.elle est entrain de dire (c’est à dire ne pas l'interrompre ou terminer ses phrases !),
  • accueillir les mots, les phrases, la communication-verbale ... et les silences, sans vouloir forcément être déjà dans la réponse,
  • être attenti.f.ve  à ses schémas de réactivité qui surgissent (pensées, jugements, mouvements ...) lorsque l’on est engagé dans une conversation,
  • laisser tomber toute volonté de vouloir convaincre en retour, ou de ramener l'histoire à soi !

Juste écouter et permettre ainsi à l'interlocut.eur.rice d'être entendu.e, jusqu'au bout !

 

Essayez : il se peut que cette façon d'écouter et de parler avec attention change la façon dont vous entrez en relation avec vos interlocut.eur.rices.s !

C'est en tout cas sur ces pratiques que repose en partie la communication non violente, technique de communication permettant d'apaiser sa relation à soi et aux autres, développée dans les années 1960 par le psychologue américain Marshall Rosenberg et largement diffusée et popularisée dans le monde francophone par Thomas d'Ansembourg.

 

 

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