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Agité.e durant la méditation ? Comment faire face à l’impatience quand on médite ?

 

Très régulièrement, durant les formations à la méditation que je délivre, des participants évoquent leur difficulté à rester immobiles, sans rien faire, durant les exercices de méditation.

Avouons-le, il est peut être difficile de rester assis pendant une période de temps plus ou moins longue en méditation alors que nous rencontrons l’agitation.

Il peut s’agir d’agitation mentale, émotionnelle et même physique.

Les symptômes !

L'agitation mentale

Lorsque nous commençons la méditation et que nous nous asseyons en fermant les yeux, nous pouvons nous rendre compte à quel point notre esprit est agité : il refait le passé, se préoccupe de l’avenir, se met à lister des tas de tâches à faire, à juger l’expérience ... etc.

C'est le fonctionnement naturel et de l’esprit. Mais ce n’est pas forcément simple de s’asseoir avec tout ce brouhaha mental.

L'agitation émotionnelle

Peut alors arriver l’impatience.

L’impatience surgit lorsque nous désirons que la réalité extérieure et/ou intérieure soit autre que ce qu’elle est et quand nous pensons qu’il est impossible de changer la situation qui nous déplaît ou que nous ne la comprenons pas. Elle vient donc d’une frustration créée par notre esprit agité.

Nous essayons alors de compter les minutes jusqu'à la fin de la pratique, nous fulminons car tout ne se déroule pas comme nous l’avions décidé en commençant l’exercice (rester calme et immobile) au moment où nous l’avions décidé (celui que nous avons choisi de consacrer à la méditation) ...

L'agitation physique

L’agitation physique peut également se manifester : nous nous dandinons sur son assise, nous nous démangeons furieusement une partie du corps … jusqu’au moment où nous nous levons d’un bon pour sortir de la pièce et passer à autre chose.

Que faire ?

L’émotion de l’impatience n’est pas mauvaise en soi : elle est un excellent indicateur pour nous rendre attentifs et prendre conscience de notre attitude. Elle est une occasion de nous transformer et de nous rapprocher de la paix intérieure.

Reconnaitre et accueillir

Tout le défi de la pleine conscience consiste, dans un premier temps, à reconnaître et accueillir notre expérience, que nous la considérions bonne ou mauvaise, plutôt que de réagir automatiquement en s’accrochant à elle ou en voulant la repousser immédiatement.

 

Lorsque l’agitation et l’impatience sont là, inutile de les nier et de les repousser, parce qu’elles sont déjà là !

La meilleure manière est de faire face à l’expérience, de ne pas la condamner à disparaître, mais bien de la traverser ou encore de dialoguer avec elle.

 

C’est difficile, particulièrement pour quelque chose d’aussi fort que l’agitation ou l’impatience. Mais, du mieux que nous pouvons, nous reconnaissons simplement ce qui est là : « Ok, voilà encore cette histoire d’impatience. J’ai vraiment envie de me lever et de faire des bonds dans la pièce, j’en ai ras le bol de tout ça. Ça va vraiment trop lentement. Je n’en peux plus ! ». Peu importe.

Parce que c’est notre expérience à ce moment, et c’est ce que nous devons reconnaître pour ne plus être dans la réaction automatique mais dans la réponse appropriée.

Examiner

Nous pouvons essayer d'adopter l'esprit d'un débutant et nous intéresser à la sensation d'agitation, à l’émotion de l’impatience. « Comment cela se manifeste-t-il dans mon corps ? Y a-t-il des tensions quelque part, des envies de bouger dans les jambes ? Mon cœur bat-il plus vite ? Certains de mes muscles sont-ils contractés ?

 

Il peut être intéressant de porter notre attention, durant un moment sur ce que nous expérimentons plutôt que d’essayer de supprimer ou contrôler les sensations immédiatement et à tout prix : en observant où elle se situe dans le corps et s’il y a une réaction à l’expérience.

Faire l’expérience de l’agitation ainsi que les sensations et pensées qui y sont associées, et observer avec curiosité les jugements que nous portons sur notre expérience. Simplement rester avec tout cela pour un court instant.

 

En décidant de poursuivre l’expérience plutôt que de la stopper au sommet du malaise, nous nous abstenons de réagir comme d’habitude et apprenons à envisager, imaginer, de nouvelles réponses.

Répondre

  • Rester et laisser passer

Il est important de comprendre que l'agitation et l’impatience ne sont que des émotions comme les autres, que des sensations, qui passent pour peu que nous ne nous y accrochions pas.

En pleine expérience de l’impatience, nous pouvons décider de rester avec les sensations, les émotions et les pensées et de voir ce qui se passe … Et nous nous apercevons très souvent que notre expérience se modifie, disparait. L’impatience qui nous a tant crispé durant un moment disparait d’elle-même !

Nous apprenons ainsi la patience mais également l’impermanence.

« Rester simplement tranquille, garder à l’esprit que tout est en constant changement et que notre esprit, notre attitude et notre capacité à demeurer dans l’espace ouvert de la présence, contribuent tous à la compréhension profonde des circonstances que nous rencontrons et à l’apaisement qui sous-tend le processus de guérison. Et cela même est une forme d’action, même si elle prend la forme de non-faire » (Au cœur de la tourmente, la pleine conscience - Jon Kabat Zinn).

  • Méditer autrement

Nous pouvons également décider de méditer autrement, comme debout ou en mouvements.

La méditation en marchant ou les mouvements en pleine conscience sont des alternatives tout aussi valables que la méditation assise lorsque l’impatience revient trop fréquemment à notre goût malgré les trésors de stabilité que nous mettons en œuvre et devient un obstacle à notre pratique.

De même que la méditation debout (immobile cette fois-ci) peut être une proposition tout à fait agréable pour les personnes souffrant d’un syndrome des jambes impatientes qui physiologiquement les empêchent de rester assis.

... Et développer Ainsi notre capacité à faire autrement

Par l’exercice de l’accueil et l’observation de notre esprit que nous pratiquons durant les exercices de méditation, nous pouvons ralentir le processus habituel de l’expérience, qui déclenche une émotion, qui engendre immédiatement une pensée, une parole et/ou une action. Ce ralentissement nous donne du temps. Du temps intérieur, si précieux dans ce monde où personne n’a le temps.

 

Nous nous re-connectons ainsi à nos ressources, à notre créativité, à notre bienveillance

et peut être ainsi, petit à petit, contribuons à changer le monde !