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Comment méditer dans un environnement bruyant

 

Mettre en place une habitude de méditation peut ne pas être simple : il faut trouver le temps, trouver l’endroit, trouver la volonté de s’arrêter alors qu’il y a encore tant de choses à faire sur notre “to do” liste …  Et quand on s’y met enfin, on peut se trouver dérangé.e par les bruits d’un voisin qui se met à bricoler ou d’enfants qui se mettent à jouer bruyamment.

L’envie peut alors être forte de sortir telle une furie pour demander du silence ou carrément de tout abandonner !

 

Moi, je vous propose de ne pas bouger car si vous attendez que toutes les conditions soient parfaites pour méditer (endroit inspirant, esprit calme, absence de bruit) … vous risquez de ne jamais méditer !

Au contraire, méditer quand il y a des bruits peut être très instructif sur la manière dont nous souhaitons maîtriser notre environnement et sur la manière avec laquelle nous entrons en relation avec ce qui n’est pas comme nous le souhaitons !

 

Alors abandonnez toute attente dans un premier temps. Reconnaissez simplement que la seule chose à faire est de s'asseoir (si vous avez choisi de méditer assis.e) avec toute votre expérience !

Puis laissez les bruits vous informer sur votre réactivité habituelle et vous entraîner à lâcher prise de vos conditionnements.

Les bruits et les jugements

En règle générale, quand nous percevons un bruit nous lui attribuons immédiatement, de manière automatique, une valeur positive ou négative, agréable ou désagréable ...  Nous le jugeons !

Il peut y avoir des variations à ces jugements : forts, doux, irritant, mélodieux ... 

 

Chacun attribue des étiquettes aux sons en fonction de ses propres perceptions. 

Ainsi, le bruit de la pluie quand on n’a pas pris de parapluie peut être perçu négativement alors que si on a vécu plusieurs jours de canicule, le bruit de la pluie pourra être réjouissant.

 

Quand la valeur attribuée au bruit est négative, nous allons vouloir que le bruit cesse, ne plus l’entendre, nous en couper.

Quand la valeur attribuée au bruit est positive, nous allons “tendre l’oreille” “y prêter attention” pour en entendre plus, plus longtemps.

Quelle que soit la valeur attribuée, nous nous mettons alors en tension : pour repousser ou en avoir plus.

 

Cependant, si on y réfléchit bien, les sons ne présentent aucune de ces qualités. Ce sont simplement des sons !

Alors pouvez vous faire cette expérience la prochaine fois que vous méditez et que des bruits surgissent ?

Chaque fois que vous remarquez cette réactivité, essayez juste de vous en détacher et de percevoir les sons pour ce qu’ils sont : des vibrations de l’air qui arrivent aux tympans … avant toute autre interprétation ou tout jugement par le mental !

 

Essayez maintenant de déterminer le nombre de sons différents que vous entendez autour de vous. Essayez d'isoler chacun d'eux. Écoutez-les. Concentrez-vous exclusivement dessus. Ne les jugez pas ; entendez-les simplement. Percevez leur tonalité, leur volume, leur variation

Écoutez-les sans jugement. 

Les bruits et les pensées

Quand on pratique la méditation, on sait à quel point notre mental est bavard, volubile, prolixe !

On sait également à quel point il est prompt au passage à l’action !

 

Ainsi, quand un bruit est perçu, l’attention est immédiatement attirée vers ce bruit et souvent le mental se met alors à l'associer  avec une image, un souvenir. Et voilà l'esprit en train d’associer, de commenter, de disserter nous entraînant ainsi facilement dans le bavardage mental.

Il n’y a rien de mal à cela. C’est même tout à fait naturel d’être réactif aux bruits :nous sommes programmés depuis la nuit des temps pour devenir attentif à tout événement saillant de notre expérience pour être réactif, à tout ce qui pouvait être considéré comme un danger potentiel ! 

 

Mais lorsque nous sommes en méditation, nous pouvons simplement remarquer cette réactivité, ces associations d’idées qui se font et décider de lâcher toute cette partie mentale pour revenir à l’expérience directe, avant toute activité intellectuelle, de la perception des sons.

 

Les bruits peuvent être considérés comme les sensations de la respiration : des phénomènes qui vont et qui viennent, constamment, y compris durant nos périodes de méditation. Il n’y a aucune raison de les considérer comme des obstacles à la pratique.

Ils peuvent, au contraire, devenir l’objet de notre pratique, comme les sensations de la respiration, et nous en apprendre beaucoup sur notre réactivité, nos conditionnements, etc. 

Concrètement

La prochaine que vous méditez, portez votre attention sur les sons qui vous entourent. Entendez-les simplement. 

  • S’il s’agit de bruits d’une conversation, n’essayez pas d’entendre ce que les personnes disent, d’être présent à leur discours. Ecoutez simplement les tonalités, le volume et les intonations, comme s’il s’agissait d’une langue étrangère.
  • Si vous entendez une voiture passer, remarquez si vous émettez un jugement, si vous avez une réaction automatique, ce qu’elle génère dans votre corps. Voyez également si ce bruit déclenche des pensées, des souvenirs, dans anticipations, avec ou sans rapport avec le bruit, la voiture … Puis revenez à la perception des sons, ses modulations, son volume au fur et à mesure que la voiture s’éloigne ...

A chaque fois que vous prenez conscience que votre mental juge ou commente, revenez à l’expérience directe de la perception des sons, du mieux que vous pouvez.

Ne vous en voulez pas de vous laisser régulièrement emporter par votre mental : il ne fait que son “travail”.

 

Alors soyez bienveillant avec vous-même, soyez patient.

Souvenez-vous que la méditation est une période d'entraînement où nous avons à être présent à notre expérience de nos perceptions et de nos pensées, quelle qu’elle soit, sans jugement !

 

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