Attention, concentration et méditation de pleine conscience

Attention concentration méditation de pleine conscience

 

Concentration et attention sont des sujets qui reviennent de plus en plus souvent sur le devant de la scène.

D'abord parce qu'exposée aux informations et sollicitations quotidiennes, notre attention est toujours en mouvement, éparpillée, tiraillée entre le passé et le futur, empêtrée dans des ruminations. Et parfois même, elle peut être débordée et notre charge mentale peut être saturée.
Ensuite parce qu'en milieu scolaire, la maîtrise de l’attention et la possibilité de concentration sont indissociables de tout apprentissage.

Enfin, parce qu'en milieu professionnel, la capacité à rester concentré sur une tâche, ou à se concentrer à nouveau et rapidement après un dérangement, facilite le travail et l’efficacité.

 

Mais au fait, de quoi parle-t-on lorsqu’on évoque l'attention et la concentration ?

Et en quoi la méditation de pleine conscience a à voir avec ces deux sujets ?

 

C'est ce que je tente de vous expliquer dans cet article.

 

Attention et concentration

L'attention

L’attention, c’est la capacité que nous avons à percevoir toute ou partie de notre expérience. Grâce à elle, nous captons les différentes informations en provenance :

  • soit de notre environnement, par nos sens (messages et signaux visuels, auditifs, olfactifs et autres),
  • soit de notre état interne (état physiologique, pensées, émotions).

L'attention est une aptitude essentielle pour la vie et la survie de toutes les espèces animales y compris la nôtre !

En effet, grâce au processus de l'attention, nos ressources cérébrales s’orientent vers ce qui peut être, dans notre environnement externe ou interne, important pour notre vie ou notre survie : comme un bruit soudain peut être le signal d'un danger ou la sensation de faim est le signe d’un besoin de nourriture.

 

Le processus d'attention s'accompagne aussi d'une mobilisation de nos ressources cognitives et physiologiques pour un éventuel passage à l'action.

 

Nous n’avons pas toujours le plein contrôle de notre attention qui peut être attirée, malgré nous, par des événements inhabituels : un son particulier, un mouvement brusque, un nom familier entendu dans une conversation …

Mais nous avons également le pouvoir de diriger notre attention en fonction d’un objectif ou d’un centre d’intérêt, sur des aspects que nous jugeons importants. Nous pouvons ainsi mobiliser notre activité cérébrale sur ce que l’on perçoit grâce à nos sens ou de poursuivre consciemment une suite de pensées et de réflexions.

 

La concentration

Alors que le processus d'attention ouvre notre esprit aux signaux sensoriels, le processus de concentration, complémentaire au premier, ferme notre conscience à tout ce qui peut nous distraire d’une tâche, pour nous permettre la focalisation sur quelque chose de précis.

En d’autres termes, la concentration isole notre conscience de toutes les distractions inutiles à la tâche que nous devons entreprendre. Elle sert à bloquer l'arrivée à la conscience de toute information qui pourrait nuire à l’action ou la réflexion.

 

La concentration favorise ainsi une utilisation optimale de notre cerveau pour percevoir, enregistrer, rechercher et traiter des informations, faire des plans ou prendre des décisions.

 

Lorsque l’on se concentre sur un élément donné, comme la lecture ce cet article par exemple, on réduit son champ d’attention à cet article seulement en utilisant la vue, alors que l’odorat, le toucher, l’ouïe et le goût sont  mis de côté car non-utiles pour la lecture.

 

La notion de concentration doit être distinguée de la notion de "flow", élaborée par le psychologue Mihály Csíkszentmihályi à partir de 1975. En effet, si le flow est un état mental de concentration maximale, il s’en distingue en ce qu’il est orienté vers le plein engagement et la satisfaction dans l’accomplissement de l’activité entreprise.

 

Les troubles de l'attention et de la concentration

Sans parler des TDHA (Troubles du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité), les problèmes récurrents liés au manque de contrôle de l’attention et aux difficultés de concentration peuvent être les suivant :

  • lenteur à se plonger dans une tâche,
  • difficulté à résister aux sollicitations de l'environnement (bruits, images, discussions, notifications),
  • difficulté à résister aux autres préoccupations personnelles (soucis, inquiétudes, rêveries, envies diverses),
  • difficulté à rester longtemps concentré (pendant un cours, une réunion). 

Et la méditation de pleine conscience dans tout ça ?

La pleine conscience est une pratique consistant à porter son attention à l'expérience du moment présent.

La méditation de pleine conscience, quant à elle, est un entrainement à la pleine conscience et donc un entrainement de l'attention qui peut être :

  • soit focalisée sur une partie de l'expérience du moment présent,
  • soit ouverte à tous les aspects de l'expérience du moment présent.

L'attention focalisée

L’attention focalisée durant la méditation consiste à porter l’attention sur une partie de l’expérience du moment présent : la respiration, les sensations corporelles, les sons, par exemple.

Chaque fois que l’attention se met à vagabonder, l’exercice consiste à la ramener là où on avait décidé de la porter...  avec bienveillance. En effet, nul besoin de s’en vouloir de ce vagabondage mental, il est une invariante de la condition humaine.

 

Cet entrainement à la focalisation de l'attention durant la méditation permet progressivement de "muscler" ses capacités de concentration de manière générale.

Il permet d’apprendre à stabiliser ses capacités d'attention et à rester concentré sur une chose et une seule ou à y revenir rapidement.

 

Au quotidien, on devient alors capable de s'apercevoir plus rapidement de ce qui est venu distraire l'attention et de la ramener plus facilement pour se reconcentrer. 

 

L'attention ouverte

Au fur et à mesure que l’on entraine son attention à rester sur différents ancrages (et à y revenir chaque fois que nécessaire !) durant les méditations, on peut progressivement ouvrir le champ de l’attention à l’ensemble des stimuli de l’expérience présente, sans réagir et avec bienveillance : on devient conscient du corps, de la respiration, les sons, de ce qui nous entoure mais également de nos pensées, sans en suivre une en particulier, en les regardant aller et venir, avec curiosité.

 

Cet entrainement permet alors de développer notre compétence à être dans un bureau bruyant entouré de collègues qui bavardent, en pouvant choisir ce sur quoi porter notre attention, sur ce qui compte vraiment : soit la conversation des collègues sur un dossier dans lequel nous intervenons, soit la réalisation d’un travail qui nous été demandé pour demain matin tout en nous laissant la possibilité d’abandonner cette tâche si notre attention nous signale que la conversation qui a lieu pourrait finalement nous permettre d’avancer sur notre travail !

 

 Mais n'oublions pas non plus que s'il est important de se réapproprier nos facultés d’attention et de concentration dans un monde rempli de distractions et de pièges attentionnels, il est tout aussi important de nous octroyer des moments de vagabondage mental ! 

 

Dans le numéro 119 de la revue « Cerveau et Psycho », Yves-Alexandre Thalmann souhaite que l’on réhabilite le vagabondage mental, ces « moments où des associations se créent entre des concepts apparemment sans lien, où nous comprenons sous un jour nouveau des sujets que nous pensions maîtriser, où nous percevons dans un soudain eurêka des subtilités que nous avions négligées jusqu’alors. Ces moments d’inspiration où nous prenons des décisions cruciales pour notre vie, où nous nous rappelons une tâche importante à faire, où nous revisitons nos souvenirs pour leur donner un nouvel éclairage ».

 

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